Lamentations

En attendant de boucler le prochain chapitre, une petite parenthèse sans prétention…


Je parle à des murs.

Les jours se suivent et se ressemblent, et l’écho de mes vaines paroles m’assourdit. Incapable de me résoudre à me taire et à me noyer dans le silence, j’exprime, je communique et je tempête, seul dans ce dédale.

Je parle à des murs qui n’ont pas d’oreilles; rongés par la souffrance ou le désespoir, ils sont incapables d’accepter ma compassion et mon affection. Mes paroles glissent sur eux tandis qu’ils laissent leur esprit fondre dans l’abîme. Je parle à des murs qui ne peuvent pas entendre.

Je parle à des murs qui n’écoutent qu’eux-même; ma voix ne les atteint que si elle s’accorde à la leur, et toute tentative de contradiction se perd dans le brouillard qui les entoure. Obstinés comme des enfants, orgueilleux comme des vieillards, ils refusent toute main tendue et se drapent d’une dignité de circonstance pour justifier leur entêtement. Je parle à des murs qui ne veulent pas entendre.

Je parle à des murs qui m’ignorent. Ils n’écoutent que leurs semblables, leurs clones faits de briques de la même couleur et du même grain. Je suis convaincu que les atomes crochus ne se créent pas toujours au premier regard, aux premiers mots échangés; l’apprentissage de la diversité et de la différence motive mes pas, mais eux n’en ont que faire. Je parle à des murs indifférents.

Je parle à des murs qui fuient la vérité. Une main tendue, selon eux, est sans doute un piège, et eux-mêmes ne savent que déformer la réalité, dans leurs propos comme dans leurs idées. Ma sincérité les agresse, tout n’est que comédie, jeu de pouvoir et de séduction dont ils fixent les règles au gré de leur humeur. Je parle à des murs masqués.

Les parois de cette tour de Babel planétaire m’entourent, mon microcosme se resserre. Je parle à des murs, et les vrais amis sont si rares…

5 réflexions au sujet de « Lamentations »

  1. Mme Berger

    J’espère que ce n’est qu’un coup de bluse, ou un essai d’écriture… et que la réalité est tout autre.
    Parce qu’autrement je veux bien être un de ces murs à qui tu parles sauf que je serai un mur avec des oreilles, qui t’écoutera attentivement sans indifférence. Je fuirai peut-être un peu la vérité parce que j’aime vivre dans l’utopie et le rêve mais c’est souvent tellement mieux !!!
    Un peu de punch Matthieu, tu me déprimes là !

  2. Matthy

    Rhahlàlà mais ces propos ne s’adressent absoluments pas à toi (à part les six derniers :p)… T’inquiète… C’est plus une réflexion et un constat désabusé qu’un coup de blues :)
    M’enfin, moi, manquer de punch ? 😐 J’en ai plein le frigo ! Hem… Désolé :p

  3. Mme Berger

    Loin de moi l’idée que ces propos me visaient (faut pas exagérer quand même, je ne suis pas le centre de toutes les préocupations du monde….) !
    J’ai juste pensé à un coup de cafard, on n’en a tous … y a pas de honte à avoir 😉 Mais tant mieux si je me suis trompée et que tu as la patate :-)
    Aller, à plus sur msn …

  4. Mika

    Je serais moi aussi avec plaisir, non pas un de ces murs dont tu parles, mais simplement une oreille pleine d’attention et d’amitié

    Hésites pas a en user

    Mika

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